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Où dans les bras de Morphée le silence est d'Or
Chapitre XVII

Nous avons laissé nos quatre héros endormis après une phase de transe liée aux effluves de noix de coco fermentées. Après avoir été poursuivis par les Bitoufs, ils étaient arrivés par hasard dans le cimetière de ces volatiles et une fois intoxiqués, ils avaient confectionné des instruments de musique pour jouer une mélodie inconnue. La cacophonie ainsi produite avait de quoi rendre sourdes plusieurs générations de vrais musiciens. Epuisés par leurs exploits sonores, ils ne s'étaient pas rendu compte du fait qu'ils bavaient tous la bouche ouverte, ni du fait qu'on les transportaient loin de la hungle et encore moins que les personnes qui les déplaçaient portaient des couvre-chefs bien curieux...

S'ils n'étaient pas si profondément endormis, ils auraient compris qu'ils avaient été amenés en haut de l'Arbre Hakam où résident les Zoths, peuplade indigène dont tous les membres arborent un masque ou du moins un récipient en bois pour cacher leur visage. Si certaines tribus comme les Kannibouls semblent porter des masques pour des raisons religieuses, les Zoths n'ont pas du tout cette approche. Ce n'est pas la foi qui motive le port du masque, mais le fait qu'ils ont les foies de voir les autres se moquer de leur visage difforme. Oui, dame Nature n'est pas toujours tendre avec ses rejetons, surtout lorsqu'ils s'isolent en haut d'un feuillu, une fois tombé de l'arbre généalogique.

Disons, à la décharge des Zoths, que cette pratique particulière du port de masque leur donne un avantage certain lors des combats. La coiffe des Zoths possède l'immense avantage de restreindre le champ de vision de manière quasi totale. C'est grâce à elle que l'on peut accéder à la fameuse technique de combat dite « de la fouine ». En gros, il suffit de frapper n'importe où en utilisant toutes ses forces. Étant ainsi totalement imprévisible, vous êtes sûr de vaincre l'adversaire (ou du moins le surprendre suffisamment pour lui donner des coups bien placés).
Ainsi, le Maître Zoth est capable de vaincre n'importe qui avec son bâton. Aucun adversaire ne lui fait peur ! Et c'est bien normal. Vu qu'avec sa coiffe il ne voit rien, il ne peut pas être terrorisé par son ennemi. Cette technique, bien pratique lors des batailles, est toutefois problématique lorsqu'il s'agit de prendre les repas. Ayant un champ de vision limité, le Maître Zoth a toujours eu quelques problèmes pour manger sans en mettre partout.

Le Guerrier Zoth possède lui aussi un casque ayant les mêmes avantages que les autres coiffes Zoth : il protège des coups de soleil même en plein cagnard, il amortit les coups portés à la tête, et il empêche de prendre conscience du danger en limitant le champ de vision de celui qui le porte. Bref, c'est le couvre-chef idéal du guerrier.
Même les enfants portent un chapeau dès leur plus jeune âge. Celui de la Gamine Zoth a la particularité de lui faire voir les choses en double. Ainsi, lorsqu'elle voit une personne de sa tribu, elle zoth zoth.

***

Mais revenons à nos héros, toujours plongés dans les bras de Morphée. Leur concert improvisé avait tellement perturbé l'écosystème que les Zoths avaient décidé de les évacuer vite fait bien fait de l'île où ils s'étaient échoués, il y a de cela plusieurs chapitres. La solution la plus simple était de les mettre dans le transporteur Brigandin. Cette machine volante est utilisée par les Brigandins pour se déplacer d'une zone à une autre de manière sûre et rapide.
Après avoir déplacé nos héros hors de la jungle, les Zoths se contentèrent de les mettre dans le transporteur et de donner au pilote la destination la plus lointaine possible. Et c'est ainsi que Mortimer, Domy, Lirufec et Kevlhard se retrouvèrent au village des Brigandins sur le continent.

Nos compagnons étant toujours profondément assoupis, laissez-moi vous présenter les Brigandins. Ce groupe est issu d'une grande famille qui vit près des massifs montagneux au sommet d'arbres où ils ont bâti leurs maisons. Leur avancée technologique leur permet de maîtriser le voyage dans les airs et ils gardent jalousement leurs secrets, persuadés que les autres en feraient mauvais usage. La matriarche des Brigandins se nomme Mania Ayuto. Le mari de celle-ci avait eu soif d'amour et s'était jeté sur la première gourde qu'il avait trouvée. Depuis, il boit pour oublier sa femme et sa proliférante progéniture.
Abandonnée par ce rustre, Mania Ayuto a développé un instinct maternel des plus dangereux. Elle est capable de tout mettre sens dessus dessous pour le bien de ses enfants. Elle choisit scrupuleusement leurs fréquentations et méprise ceux qui vivent en dessous, sur le plancher des vaches. Elle est également très pingre. Si vous n'avez pas de sous, ne comptez pas dessus pour vous aider. Elle vous enverra voir ailleurs. Et, là-dessus, si en plus elle est saoule, elle vous engueulera un bon coup.

Mama surveille plus particulièrement les fréquentations de Frye Handiz. Cette habitante du village des Brigandins est remarquable par son courage. En effet, elle vit dans une maison suspendue dans les arbres, alors qu'elle a le vertige. Tel un herpès génital, la peur du vide ne l'a jamais quittée. Pour la calmer, sa mère lui donne des bonbons à la gelée. Du coup, elle passe ses journées à sucer pour pallier son angoisse. Elle ne refuse jamais aucune petite gâterie : n'hésitez pas à lui donner des bâtons de confiserie ! lorsqu'elle reste trop longtemps prostrée, toute recroquevillée sur elle-même, sa mère excédée lui lance des phrases un peu brutales pour la réveiller de son apathie. Hélas, seul le sucre d'orge la surexcite.

Dans le village Brigandin, réside aussi un original du nom de Brik Enbroc. Il possède un bric-à-brac, où il est bon de jouer à cache-cache. Vous y trouverez plein de trucs, faits de bric et de broc, mis côte à côte. Quand de temps en temps, Mania Ayuto tente de briquer ce coin (qui sent le bouc), cela crée un couac. Ce toqué de toccata et de tokai tique quand on veut traquer les tiques de son stock. Il répond du tac au tac et il fait des tacles à défaut de vous porter des coups d'estoc. La seule tactique tordue pour arriver à son but est de le faire boire des bocks, car la cuite le rend patraque et cela permet de le faire quitter son quartier.

Autre personnage important du clan, Van Chenap est le mécano du village. Un véritable bricoleur, digne héritier de Mal Gliveur (créateur de la Canne If et du Coup Toswiss). Si Van est connu dans toutes les campagnes amaknéennes, c'est grâce à l'une de ses plus fabuleuses inventions : le groupe Foutrofogène. Ce système révolutionnaire est un ingénieux assemblage d'un rouage de Xélor et de pelles d'Enutrofs. Le principe de ce rouage de pelles est de fabriquer de l'énergie grâce à la force centrifuge.

Bref, tout ça pour dire que cette invention a rapidement fait la gloire de Van, si bien que le professeur Destiny Novak en en personne s'est inspiré de lui pour rédiger son éminente théorie sur les « Nains aux technologies ». Van a aussi développé les robots Pousse-Pousse et robots Masse d'arme afin de défendre le village contre les envahisseurs.

Le robot pousse-pousse est la première machine écologique ! En effet, il fonctionne grâce à une énergie renouvelable : la pression... de la bière. Cette idée d'apparence saugrenue est venue à Van Chenap, lorsque Mèr (pisciculteur de Sufokia), admirant un mousse de la marine, lui a dit que le rire est à l'homme ce que la bière est à la pression. Du coup, ce robot est toujours assoiffé de combats : plus il pousse plus il aura de mousse. Et qu'elle est douce cette mousse ! Le robot Pousse-Pousse est le moyen bien malin pour se débarrasser des nains. Le seul problème est que ce robot est toujours très sale, car la mousse tache.

Le robot Masse d'arme a initialement été créé par Van Chenap pour servir d'astringent cutané pour les Mama Bworks. Il est employé pour l'exfoliation profonde et il peut aussi servir d'antivergetures ! En effet, il décongestionne et sert d'anti-inflammatoire. Un must en termes de produits cosmétiques ! Testé en dermatologie, quant à sa tolérance cutanée, il laisse la peau de Bwork douce, propre et protégée, jour après jour.
Le problème est que l'action de ce robot sur les épidermes non-Bworks est presque aussi douloureuse que l'arrachage rapide de bandes de cire sur les jambes velues d'un coureur cycliste. C'est sans doute le seul produit de beauté qui peut également servir d'instrument de torture. Tout dépend de l'épaisseur de votre peau, et si vous y tenez ou pas.

***

Avoue-le, lecteur, cette description du clan des Brigandins t'a donné envie d'en savoir plus sur eux. Mais comme nos héros sont sur le point de se réveiller, il faut que j'interrompe ici la présentation.

— Mmm, on est où, là ? marmonna Lirufec en se frottant les yeux.
— Parle pas si fort! grogna Kevlhard en se tenant la tête. J'ai trop mal aux cheveux.
— On n'est plus dans la jungle, dit Mortimer. Ça c'est sûr. Mais où on est, j'en sais rien.
— C'est bizarre, renchérit Domy. On nous a transportés pendant notre sommeil ou quoi ? je ne me rappelle pas du tout de cet endroit.
— Pas si foooort! gémit le Iop. J'ai vraiment mal.

Et c'est donc sur ce dialogue poignant que je dois achever ici le chapitre. Pour savoir comment nos héros vont s'en sortir, il faudra une fois de plus attendre le prochain numéro.

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